HILDEGARDE DE BINGEN
UNE FEMME EXTRA-ORDINAIRE



Son enfance

Hildegarde est née le 16 septembre 1098 à Bermersheim vor der. Le contexte socio-politique de l’époque est crispant. Les royaumes européens sont en guerre, et lancent la première croisade à l’assaut de Jérusalem.

A l’âge de 3 ans, Hildegarde se souvient avoir eu ses premières visions et prémonitions mais, selon elle, elle ne pouvait rien dire de part son jeune âge. De plus, elle a peur de ne pas être prise au sérieux ou de passer pour une folle, alors elle décide de ne pas en parler beaucoup durant son enfance. Pourtant, ses capacités sont déjà extra-ordinaires : à 5 ans par exemple, elle décrit parfaitement bien les caractéristiques d’un veau encore dans le ventre de sa mère.

Hildegarde est la dixième de sa fratrie. Son père promet de donner son dixième enfant à l’Église et fait entrer Hildegarde à l’âge de huit ans au couvent des Bénédictines de Disibodenberg, où elle va y apprendre la lecture, l’écriture, la lyre… Sa famille est issue de la haute noblesse du Palatinat, dans le diocèse de Mayence. Ses parents comprennent très vite que leur fille est singulière, particulière et exceptionnelle : ils décident alors de la confier à Jutta de Sponheim de seulement sept ans son aînée, la fille du compte Stephen II et la Mère supérieure du couvent.

Son prénom « Hildegarde » vient du germain «hild » qui signifie « armée, combat » et gardan signifiant « savoir »… Il lui présageait déjà une destinée qui allait marquer non seulement son siècle, mais aussi les suivants.



Sa vie au couvant

Hildegarde et Jutta deviendront très complices et Hildegarde se confiera très tôt sur ses visions. Elle décrit « c’est tout éveillée que, de jour comme de nuit, je vois ces choses.. Une lumière qui n’a pas d’origine et tellement plus lumineuse que celle qui entour le soleil… ». Jutta en parlera au moine Volmar qui deviendra, lui aussi, un grand confident d’Hildegarde durant toute sa vie.

A l’âge de 15 ans, elle reçoit le voile de l’évêque Otton de Bamberg. Elle restera sous la tutelle de Jutta jusqu’au décès de cette dernière en 1136. Ensuite, Hildegarde devient Abbesse (= Mère supérieure) du couvent, succédant à Jutta De Sponheim.

Après les visions, Hildegarde se met à entendre des voix qui lui imposent d’écrire ses visions et prémonitions, et de les divulguer autant que possible. Dans un premier temps elle refuse ce qu’elle entend au cours d’une prière, et les écrits décrivent qu’un éclair l’ayant transpercée de douleur l’a rendu paralysée. Après l’intervention d’une religieuse (Richardis) et de l’abbé Volmar, Hildegarde change d’avis et accepte ce que le Ciel lui a ordonné.



Ses écrits

Elle commence à écrire en 1141 son premier ouvrage nommé « Scivias », qui décrira 26 de ses visions mystiques et sera terminé en 1151. S’en sont suivi : Physica (le livre des subtilités des créatures divines) écrit de 1151 à 1158 ; Liber Vitae Meritorum (écrit de 1158 à 1163) et De operatione Dei (écrit de 1164 à 1170). Elle a également écrit « Causae et Curae (signifiant « les causes et les remèdes »). Son premier livre connaît une reconnaissance exceptionnelle et une célébrité sans précédent. L’Église la trouve sincère, humble et respectueuse, elle décide de la soutenir et cela rendra Hildegarde célèbre dans tout l’Occident.

A savoir que :

  • Scivias vient de l’expression latine « Sci Vias Domini », signifiant « Sache les voies du Seigneur ». Il fût terminé en 1151.
  • Dans le livre Physica, un ouvrage s’apparentant à un livre de science naturelle, Hildegarde décrit 513 plantes, des animaux, des métaux et des pierres précieuses.
  • De operatione Dei est aussi connu sous le nom de « Liber divinorum operum », signifiant « Livre des œuvres divines ».


Sa musique

Hildegarde a composé plus de soixante-dix chants liturgiques ( = chants de cérémonies, de prières etc), d’hymnes et de séquences. C’est donc entre 1150 et 1558 qu’elle compose soixante-dix sept hymnes aux grands de la foi et au miracle de la Création. Ces compositions étaient transmis à l’abbesse lors de ses visions, destinés à être chantés par les religieuses au monastère lors des offices.

Elle a également composé « Ordo virtutum », un drame liturgique comportant quatre-vingt-deux mélodies et mettant en scène les tiraillements de l’âme entre les vertus célestes et la séduction du démon.



La fin de sa vie, et l’après

Hildegarde avait une santé fragile, mais elle a quand-même vécu vieille tout en faisant énormément de choses. Elle a eu plusieurs moments où elle était tellement malade que les autres religieuses la pensait morte ou prête à mourir, mais elle se relevait en disant que la Lumière lui disait « lève toi, ton travail n’est pas terminé ». Tout au long de sa vie et ce jusqu’à la fin, elle écrit des musiques, des livres de recettes et de conseils de guérison, elle décrit ses visions et prémonitions, ce qu’elle entend, elle transmet. Elle entretient une correspondance avec les plus hautes personnalités de l’époque.

Quelques temps avant de mourir, elle fera 4 voyages dont un en France afin de partager, de prêcher sur les parvis des Cathédrale. C’était une chose inouïe et impensable à l’époque que ce soit une femme qui prêche. Hildegarde décède à 81 ans, le 17 septembre 1179 soit le jour qu’elle avait prédit. On dit que deux arcs-en-ciel ont formé une croix au dessus du monastère de Bingen (le monastère qu’elle a créé), que la petite ville de Bingen fût débordée par toutes les demandes qu’on engendrés les miracles, et que l’évèque de Mayence a imploré Hildegarde de cesser. Le calme serait revenu peu après, laissant les nonnes reprendre une vie normale et paisible.



Hildegarde, ses soins au goût du jour

Elle fût parmi les premiers saints pour lesquels une procédure de canonisation était engagée mais aucune ne pu aboutir à cause de leur durée interminable. Hildegarde sera quand-même vénérée comme une sainte au Moyen Âge par tous ses partisans.

Les siècles passent et les écrits, visions, soins, miracles, recettes d’Hildegarde sont oubliés de tous. Par chance, elle fût redécouverte par un médecin allemand en 1950, le docteur Gottfried, et par le naturopathe Wighard Strehlow. Ils ont pu expérimenter les pratiques d’Hildegarde sur des miliers de patients et les résultats étaient très positifs.



Les ouvrages sur Hildegarde de Bigen

Que j’ai et vous recommande :

  • Le magnifique ouvrage « Secrets et remèdes d’Hildegarde de Bingen », écrit par Sophie Macheteau et édité par Rustica Éditions. Il est au prix de 35€. C’est autant un régal pour les yeux qu’une ressource riche en informations sur Hildegarde et ses remèdes. Le bouquin est dans une sorte de coffret, dans lequel vous avez également 4 planches : les pierres d’Hildegarde, le jardin médicinal d’Hildegarde, le potager et le verger d’Hildegarde, et enfin les épices d’Hildegarde. J’ai adoré lire ce livre ! Il m’a beaucoup appris et c’est grâce à ce livre que j’ai décidé de vraiment creuser le sujet de cette femme aussi mystique que fantastique.
  • Les remèdes de santé d’Hildegarde de Bingen (Les recettes de la première véritable phytothérapeute moderne), écrit par Paul Ferris par marabout éditions. J’ai beaucoup apprécié ce livre par la richesse de ses informations ! Une mine d’or en terme de conseils et recommandations Hildegardiennes. Le livre relate un petit peu sa vie, mais détails surtout ses préférences en terme d’aliments, de plantes, de minéraux et pierres précieuses, de recettes et formules en tout genre… Ce que j’ai vraiment aimé, c’est que l’auteur a réalisé un travail fantastique de recherches, de recueil puis de tri ; afin de créer un ouvrage avec des conseils et recettes sensés et sans danger, que nous pouvons tous utiliser aujourd’hui.

Que j’aimerai avoir :

  • Les ouvrages du Naturopathe Wighard Strehlow m’intéressent beaucoup et je pense me les procurer. Voici les titres : Les secrets de cuisine de Sainte Hildegarde (conseils et révélations de sainte Hildegarde sur les vertus curatives des aliments) ; Manuel de la médecine de Sainte Hildegarde ; Médecine des pierres précieuses ; L’Art de guérir par l’alimentation selon Hildegarde de Bingen.

Le film « Vision » :

Il s’agit d’un film sortie en 2009, relatant l’histoire d’Hildegarde de Bingen. Outre le fait qu’il ne suit peut-être pas exactement la chronologie de son histoire, le contexte socio-politique, culturel et religieux de l’époque est bien présent. Il rend son histoire « moins magique » que lorsqu’on la lit dans les livres, mais aussi plus réaliste du coup. Le film ne se focalise pas sur les visions en elles-mêmes, mais vraiment sur l’histoire d’Hildegarde, et comment ont été acceptées (ou pas) ses visions et prémonitions. Si vous voulez connaître approximativement l’histoire de sa vie, ce film est idéal et rempli bien ce rôle.



Hildegarde, une femme docteur de l’Église

« Hildegarde fut une moniale bénédictine au cœur de l’Allemagne médiévale, authentique maîtresse en théologie et grande experte des sciences naturelles et de la musique » : c’est ainsi que le pape Benoît XVI a résumé la vie d’Hildegarde Von Bingen avant de lui remettre la plus haute reconnaissance de l’Église catholique. C’est le 28 mai 2012 qu’il déclare Hildegarde comme « docteur de l’Église », et cette proclamation aura lieu le 7 octobre 2012. Hildegarde devient la quatrième femme docteur de l’Église en même temps que Catherine de Sienne (1347 – 1380), Thérèse d’Avila (1515 – 1582) et Thérèse de Lisieux (1873 – 1897).


Sources :
Livres cités dans l’article
Wikipédia
hildegardescivia.canalblog


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